Se connecter
S'inscrire

"Un bel éventail d'émotions!"

21.04.2017
de Elodie Schwab
NLB Damen UHC Wasa

Montreux reçoit une maison de naissance – grâce au crowdfunding. Avec leur projet «Maison de Naissance Les Roseaux», trois sages-femmes ont collecté plus que Fr. 90'000.- sur heroslocaux.ch pour la réalisation de leur rêve. Un entretien avec l’initiatrice du projet Céline Hertzeisen Schumann sur le financement de ce grand projet.

D‘où est née l’idée de créer une maison de naissance?

«L’idée est née d’un vieux projet personnel de chacune des partenaires. Pour ma part, j’ai beaucoup investi de temps, d’énergie et de passion dans le projet de la maison de naissance du CHUV. Etant donné que ce projet n’avançait pas, je me suis dit que les femmes ne pouvaient attendre plus longtemps et que nous devions prendre les choses en main nous-mêmes.»

Comment avez-vous fait pour récolter une somme si élevée avec le crowdfunding?

«Nous avons commencé par parler du projet autour de nous. Concrètement, nous en avons parlé à nos proches, aux contacts de notre carnet d’adresses e-mail, à notre clientèle et à nos collègues. Je pense le premier tiers de la somme provient essentiellement de nos connaissances.»

«Puis, les médias nous ont contactées. Un premier article a été publié dans le journal «Le Régional». Malheureusement, la plateforme heroslocaux.ch n’était pas encore connue en Suisse romande pour que les gens que nous ne connaissions pas fassent des dons. Ce sont plutôt les réseaux sociaux qui ont contribué à faire connaître notre projet. Nous avons publié les articles de journaux sur notre page Facebook qui ont été très vite partagés.»

«Quant au dernier tiers de la somme, ce sont des gens inconnus qui ont fait des dons très généreux. Nous aimerions ici souligner également le soutien financier du Kiwanis Club des Alpes Vaudoises. Puis, lorsque le seuil de financement de CHF 70'000.- a été atteint, un élan incroyable de générosité s’est déferlé en faveur de notre projet. A ce moment-là, les personnes qui doutaient du succès du projet, avaient désormais envie de faire un don.»

Après 4 mois le financement de votre projet est arrivé à sa fin et vous avez récolté plus de CHF 90‘000.- Quel est votre sentiment en ce moment ?

«C’est un moment de grand bonheur. Peut-être même le sentiment que nous aurions peut-être pu viser plus haut. Mais en même temps j’ai ressenti une énorme peur. Cela veut dire que tant ce que cet argent n’était pas encore là, nous pouvions encore faire marche arrière. Alors que maintenant, il n’y a plus de retour possible. Il s’agit donc d’un sentiment à cheval entre le bonheur et la peur. Nous pensions que nous avions retroussé les manches mais nous les avions juste relevées. C’est maintenant qu’il faut les retrousser vraiment et que le gros de la tâche commence.»

Etait-ce une période stressante ?

«Au début oui car nous nous lancions dans quelque chose de complètement inconnu. Nous n’avions encore jamais fait de projet de crowdfunding auparavant.»

Quels ont été les moments forts pour vous durant ces 4 mois ?

«J’en compte quatre. La parution de l’article dans le Régional a été le premier moment fort. Nous n’étions pas encore prêtes à lancer ce projet. Il a alors fallu entrer dans l’aventure à ce moment-là et nous savions qu’il y avait désormais une échéance.»

«La deuxième période, au milieu du projet, était difficile car nous ne recevions plus de dons. Nous nous posions notamment la question : « Est-ce le bon moment ? ».Nous nous y attendions mais cela nous déstabilisait un peu et a créé également quelques tensions au sein de l’équipe entre nous quant à l’avenir du projet de crowdfunding. Puis est venu le troisième moment fort lorsque des dons généreux ont été faits provenant de personnes inconnues ou des dons inattendus.»

«Le dernier moment fort a été le passage du seuil de financement des CHF 70'000.-. Nous nous sommes envoyé des SMS et sommes allées manger au restaurant. J’ai même reçu des fleurs de la part de mon mari.»

Avez-vous une fois douté du succès du projet ?

«Nous avons douté plus d’une fois du succès de ce projet de crowdfunding, les plus grands moments de doute étant le début avant de se lancer ainsi qu’au milieu lorsque les dons ont commencé à stagner.

Comment avez-vous été perçues dans la région de Montreux ? Avez-vous reçu de nombreuses réactions de personnes ?

«C’était assez bizarre. Après la parution de l’article avec la vidéo dans sur 20min.ch, j’avais l’impression que des gens que je croisais me regardaient avec un air de dire «ah ! mais je l’ai déjà vue quelque part ! ». Cela pouvait aussi être le fruit de mon imagination. Du point de vue de la réaction publique, nous avons reçu de nombreux messages encourageants concernant notre apparition dans les médias mais également des critiques sur notre projet de maison de naissance. Ce sont bien entendu des points qui ont déjà été mûrement réfléchis.»

Si vous pouviez revenir en arrière, qu’est-ce que vous feriez autrement ?

«Si je pouvais revenir en arrière, j’établirais un plan de communication avant le lancement du projet. Etant donné que nous avons dû lancer le projet tout de suite après la parution de l’article de presse, nous avons procédé intuitivement.»

Maintenant que vous avez cet argent. Quelle est la prochaine étape?

«La prochaine étape sera de finaliser le dossier d’enquête qui va être déposé prochainement à la Commune de Montreux. Puis, au mois d’avril nous avons prévu le démarrage du chantier qui durera entre 6 et 8 semaines. Si tout va bien, nous aimerions ouvrir la maison de naissance dans le courant du mois de juin.

Avez-vous été bien soutenu par l’équipe de heroslocaux.ch ?

«Oh oui ! Le soutien a été top. Déjà au départ lorsque je vous ai appelée la première fois, vous avez été enchantée de notre idée de projet. Si à ce moment-là nous doutions, nous ne pouvions plus douter après. Vous nous avez mises en confiance et expliqué en détail le fonctionnement du crowdfunding et de la plateforme. Vous étiez toujours à disposition si nous avions des questions. Merci infiniment!»

Que conseillez-vous aux futurs gros projets de crowdfunding?

«Je leur conseille tout d’abord de croire en leur projet. Puis, je leur recommande d’établir un plan de communication réfléchi et d’utiliser les réseaux sociaux pour promouvoir leur idée le plus loin possible. Dans la recherche de fans et de donateurs, je leur suggère d’expliquer le processus du financement participatif aux personnes intéressées plutôt que de parler que du projet.»

«Pour atteindre un seuil de financement élevé, je pense qu’il est important de ne pas se tromper dans le concept. Il faut que le projet ne soit pas juste un rêve à soi. Celui-ci doit rendre un service aux citoyens, toucher les donateurs, c’est-à-dire répondre à un besoin de la population. Lorsque le projet est bien réfléchi et qu’il répond à une nécessité, il est aisé de trouver des sponsors institutionnels. Puis, il est important d’établir un dossier public à envoyer aux détracteurs dans lequel se trouvent les réponses à leurs questions.»

«Enfin, un projet ne se crée pas seul, il démarre en équipe. Durant le projet, il est essentiel de prendre du temps pour rediscuter les virages en équipe. Il s’agit de se réunir pour aller à la pêche aux parrains et se répartir les rôles par exemple.»

Vers le projet «Maison de Naissance Les Roseaux»

Quel est ton opinion?

Tu dois être connecté pour écrire un commentaire.